Qu’est-ce que l’éducation émotionnelle et sociale (EES) ?

Qu’est-ce que l’éducation émotionnelle et sociale ?

 

Partant du constat que l’intelligence émotionnelle et relationnelle constitue la condition principale du bien-être, de la réussite individuelle et du fonctionnement harmonieux de toute collectivité humaine, l’éducation émotionnelle et sociale vise à développer les compétences d’être et les compétences relationnelles (ou compétences psychosociales) des individus en général, et des enfants en particulier, afin de leur permettre de libérer leur potentiel intérieur et de s’intégrer harmonieusement dans la collectivité.

Dans le but de faciliter l’instauration d’un climat positif et coopératif, l’éducation émotionnelle et sociale (EES) propose des activités pédagogiques et ludiques qui lèvent les barrières entre les individus, qui relient, qui intègrent, qui installent la confiance, l’ouverture, qui développent un sens d’appartenance et permet, aux enfants comme aux adultes, de faire émerger les compétences d’être et de développer les attitudes comportementales souhaitées.

Dans cette perspective, l’éducation émotionnelle et sociale offre un cadre conceptuel et pratique qui clarifie les objectifs, propose des outils, forme aux stratégies pédagogiques, évalue les résultats et assure la recherche afin d’optimiser les approches.

Fondée sur les développements récents de la neuropédagogie et prônant un renouveau des méthodes pédagogiques, l’EES offre des moyens concrets pour la mise en place d’une pédagogie qui soit en même temps active, positive, coopérative, ludique, diversifiée et démonstrative :

  • active: autonomisante et responsabilisante : l’apprenant est acteur de ses apprentissages ;
  • positive: l’éducateur en soutien de ces apprentissages ;
  • coopérative: centrée sur le groupe et le relationnel, utilisant la dynamique de groupe comme lieu privilégié où les apprentissages se font ;
  • ludique: réintroduire le plaisir comme moteur essentiel du désir d’apprendre et de progresser ;
  • diversifiée: qui tient compte de la diversité des rythmes et talents individuels, ainsi que des intelligences multiples et des acquis de la neuropédagogie ;
  • démonstrative: l’éducateur s’efforçant de démontrer les compétences et les attitudes souhaitées : l’exemple davantage que le discours !

 

Un large éventail de jeux et d’activités pédagogiques sont disponibles pour développer des compétences sur une série de thèmes[1]. Ces activités s’inscriront idéalement, dès la maternelle, dans le cadre d’une ‘classe coopérative’, ce qui implique, outre les activités ludiques ou pédagogiques, l’établissement d’un ‘contrat de groupe’, la tenue régulière d’un Conseil de coopération, l’organisation de métiers (tâches pratiques attribuées aux élèves, destinés à stimuler leur sens d’autonomie et de responsabilité), l’utilisation d’un système de ceintures (ou ‘pétales’) de comportement (permettant de marquer une progression dans les compétences) et un apprentissage progressif du tutorat (les enfants s’enseignant mutuellement leurs acquis). D’autres démarches coopératives (projets de classe, projets de groupe) pourront ensuite compléter cette dynamique.

L’EES est bien davantage qu’une approche spécifique, c’est une mouvance planétaire aux multiples visages. D’innombrables projets et ressources existent qui tous vont dans la même direction et valident fondamentalement le même constat : celui d’un nouveau paradigme pédagogique.

L‘EES offre une réponse concrète et pratique aux défis de l’école et de l’éducation à notre époque. Elle rejoint les exigences de l’Education Nationale en matière de compétences psychosociales (CPS), telles qu’énumérées dans le ‘Livret Personnel de Compétences’ et le ‘Code de l’éducation’ relatives aux compétences sociales et civiques (pilier 6) et à l’autonomie et l’initiative (pilier 7), ainsi que dans le domaine 3 du nouveau Socle Commun de connaissances, de compétences et de culture’ . Elle entend fournir aux éducateurs et enseignants de tous niveaux les moyens pratiques qui leur permettront de rencontrer efficacement ces exigences.

En ce sens, tous les éducateurs sont concernés. L’EES ne peut être un sujet abordé par quelques enseignants ou animateurs spécialisés dans des créneaux horaires occasionnels. Elle doit être généralisée.

Il est clair également qu’il ne peut s’agir uniquement de proposer des jeux ou activités liés aux compétences psychosociales. Si l’éducateur n’a pas lui-même intégré les compétences et postures nécessaires, cela aura peu de chance d’être réellement efficace. Aussi, l’EES n’est donc pas uniquement destinée aux enfants et aux jeunes. Il s’agit avant tout de former les adultes !

 

[1] Voir les livres de Michel Claeys (Education émotionnelle de la maternelle au lycée, éditions Le Souffle d’Or, 2014-2018) et autres répertoires d’activités disponibles en format électronique sur ce site.

Voir les autres articles, ainsi que : Quelle éthique pour l’Éducation Émotionnelle?

Pour une exploration plus approfondie, voyez les livres de Michel CLAEYS.