Témoignages

Témoignages

Agnès Langlais

Enseignante primaire

Ma participation à la formation d’animateur en l’éducation émotionnelle et sociale m’a permis de conscientiser beaucoup de choses. J’ai tiré de cette expérience des apprentissages sur les plans personnel autant que professionnel. J’ai pu vivre mentalement, émotionnellement et physiquement toute la portée de l’éducation émotionnelle. J’ai ressenti la justesse des stratégies pédagogiques proposées. J’ai appris l’importance de bien penser l’enchaînement des activités (ludiques, réflexives), la juste gestion du temps, la précision dans le passage des instructions. J’ai joué, pleuré, réfléchi, communiqué, vibré, appris avec mes camarades dans un esprit digne de l’éthique que l’éducation émotionnelle soutient. J’ai saisi qu’une des finalités de l’éducation émotionnelle est l’ancrage dans un espace ressources intérieur. Après le riche vécu de chacune des journées de la formation, cette conscience, qui s’exprime surtout par une qualité de présence, s’impose à moi comme une évidence.

Enfin parmi les valeurs défendues par l’éducation émotionnelle, il y en a une qu’il est indispensable de citer : la démonstration. Michel Claeys, le formateur, incarne parfaitement les valeurs de l’EE : présence discrète, attitude positive et constructive, d’écoute, d’observation, d’intégrité, de tendresse, d’apprentissage dans le plaisir. Car, chose sérieuse, nous avons beaucoup ri !

(octobre 2016)

Karen ALA

Professeur de collège, Lille

Je fais une heure par semaine d’EES avec une classe de 3ème, 27 élèves. Je suis la prof principale et j’ai décidé que leur expérience vécue en EES serait le support de leur oral pour le brevet. Cela accorde d’entrée de jeu une sorte de crédibilité à mes propositions.

J’observe que les élèves prennent du plaisir à ces temps d’EES. Des élèves que par ailleurs je n’entends jamais se font entendre et prennent leur place. Ils se donnent à la découverte. De séance en séance je sens plus de confiance dans le groupe. De nouvelles habitudes comportementales s’instaurent.

Clairement, j’ai vécu un changement de posture dans mon activité professionnelle. Les élèves sont beaucoup plus acteurs. Je leur laisse plus de place. Je m’en rends compte car ils me font des propositions, me demandent de plus en plus de me remplacer sur des rôles et des fonctions d’animation. Je suis témoin du lien que cela crée entre les élèves eux-mêmes, et entre eux et moi. Il y a des moments très beaux, et réparateurs parfois. Jamais les élèves ne contestent ce temps, même si 1 ou 2 mettent du temps à intégrer le cercle.

Il m’arrive aussi de « débriefer » lorsqu’une situation pédagogique dérive ou foire complètement. On se met en cercle et on en parle. Cela évite que les élèves repartent frustrés ou en colère, et cela nous permet de rester en lien.

Nathalie Gensel

Enseignante spécialisée dans l’aide relationnelle pour le RASED de Vic Val d’Adour (65)

Mes missions sont de restaurer l’estime de soi chez des élèves fragiles. Je propose dès que je le peux des ateliers d’éducation émotionnelle soit en début d’année, soit pour des élèves qui me sont adressés pour conflits avec les pairs. Peu à peu, les effets se font sentir. Preuve en est lorsque j’interviens dans une classe, au bout de quelques séances une autre classe est demandeuse ! Malgré tout, je pense que les effets seraient bien plus grands si les classes reposaient quotidiennement sur un climat de coopération et d’ouverture.

J’ai aussi réalisé tout un projet avec une classe de CM1-CM2 : ateliers pour mieux se connaître, sur la différence, puis sur la résolution de conflits. Il faudrait le faire pour toute l’école ! Peut-être un jour…

L’éducation émotionnelle et sociale en Nouvelle Calédonie

(Rapport de Gwendal Boursicot, décembre 2018)

Voici ce qui a été semé en Nouvelle-Calédonie par Michel Claeys. Son approche parle aux gens d’ici.

L’Education Emotionnelle et Sociale (EES) en Nouvelle-Calédonie prend de l’ampleur. Nous avons été agréés par la direction de l’enseignement de la NC (direction en charge des programmes et de la pédagogie) pour intervenir dans les établissements et former les enseignants. Quelques conseillères pédagogiques sont venues en journée découverte et ont été conquises. Elles nous ouvrent les portes !

L’institut de formation pour l’administration publique nous sollicite en 2018 pour mener une formation pour les agents de la province sud. La direction de la santé de la province nord nous sollicite pour former ses éducatrices en promotion de la santé l’année prochaine. La province des Iles souhaite également former 15 de ses agents intervenant sur le terrain dans le cadre de projets communautaires, de lutte contre les violences et autres sujets sensibles.

Les directions de l’enseignement de la province Nord et de la province sud qui s’occupent de manager les enseignants ont des financements et dans le cadre du développement de la bienveillance à l’école souhaite nous soutenir également. Du coup ils sont prêts à cofinancer des projets d’établissement.

Ainsi nous avons pour 2018, pour le moment, 6 établissements avec nous. Nous allons former à l’EES tous les enseignants ou ceux volontaires, en fonction des établissements, + le personnel surveillant/cantinière + auxiliaires de vie + aides maternelles + éducateurs spécialisés. Ensuite nous proposerons un suivi individualisé à chaque enseignant avec une supervision en classe, avec débriefing, ainsi que 3 séances  d’échanges de pratique avec l’ensemble des personnes formées et une journée découverte à destination des parents d’élèves.

Pour l’instant nous avons une école maternelle bilingue, 2 écoles élémentaires (Nouméa et Pouembout dans le Nord), un collège et 2 lycées (province Nord et province des Iles).

De plus, la mairie de Nouméa souhaite former tous ses animateurs en maisons de quartier l’année prochaine !

Nous avons été invitées dans un centre de recherche qui vient de se monter à Lifou qui redonne du sens aux mots utilisés du français en langues kanakes pour aider à une meilleure compréhension et éviter le décrochage scolaire. Les ‘vieux’ nous ont ouvert les portes et nous allons tout faire pour travailler avec eux afin de révéler le sens de nos activités en langues kanakes.

Le travail réalisé depuis 2 ans commence à donner des résultats. Les projets fleurissent ! Les journées découverte que nous avons réalisées depuis septembre 2017 ont permis à 132 personnes d’en parler après l’avoir vécu et cela fait boule de neige.

Par ailleurs, notre expérience en ateliers EES auprès de jeunes en décrochage nous a permis de nous positionner sur ce que nous souhaitons proposer, à savoir en priorité des formations aux professionnels, avec soutien technique . Des ateliers pourront être proposés mais c’est pour nous une activité secondaire, car qui mieux que des professionnels dans leur domaine pour s’accaparer l’EES et l’utiliser dans leur pratique professionnelle quotidienne ?

L’association Graines de Vies compte aujourd’hui 3 formatrices (Cathy, Valérie et moi-même) et une autre en formation. 4 autres personnes sont prêtes à réaliser des ateliers ou des journées-découverte. Nous les accompagnons afin qu’elles puissent monter en compétences.

Gwendal Boursicot, Nouméa.